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Joseph Ciaudo a rejoint pour l’année universitaire 2018-2019 le Labex « Histoire et anthropologie des savoirs, des techniques et des croyances ». Sa recherche postdoctorale est conduite en collaboration avec Vincent Goossaert dans le cadre du GSRL. Il était auparavant chercheur à l’Université d’Heidelberg dans le cluster d’excellence « Europe and Asia in a global context ». Il a également été chercheur en mobilité dans plusieurs instituts à l’étranger comme la Max Weber Stiftung (Pékin), le Centre Marc Bloch (Berlin), et le Deutsches Institut für Japanstudien (Tokyo).

Son projet de recherche intitulé « Convaincre sans convertir : Enquête sur les origines du prosélytisme confucéen en Occident à partir de la figure de Wu Tingfang (1842-1922) » consiste en un travail généalogique sur le prosélytisme et l’apologétisme confucianiste en langues occidentales à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Il interroge non seulement ses fondements historiques, mais aussi et surtout les modes employés par les confucéens pour communiquer sur le confucianisme comme système doctrinal, et l’ensemble de rites et de pratiques sociales qui lui étaient associés. Une des particularités de cette enquête est de replacer cette entreprise de déterritorialisation du confucianisme dans un cadre ouvertement politique. Ce travail de recherche principalement construit autour de la figure de Wu Tingfang伍廷芳 (1842–1922), a pour finalité de clarifier comment la défense et la promotion de Confucius participèrent, et peut-être participent toujours, à une « mission légitimatrice » de la « civilisation chinoise » élaborée en opposition à la mission dite « civilisatrice » de l’Occident, et à la montée du « Péril jaune ». Cette enquête prend également en compte la trajectoire transculturelle des acteurs proconfucéens et s’interroge sur l’influence de celle-ci sur le « dire », « l’agir », et le « croire » confucéen au début du XXe siècle. Aussi, ce projet de recherche ne porte absolument pas sur le contenu de la doctrine confucéenne et encore moins sur l’insoluble question de savoir si le confucianisme est ou n’est pas une religion, mais s’intéresse exclusivement aux raisons et aux techniques mobilisés par des acteurs historiques se réclamant du confucianisme pour convaincre un public euroaméricain, étranger à l’« écologie sociale » dans laquelle se développèrent les religions et traditions chinoises. Une présentation plus complète du projet est disponible sur le site internet du Labex Hastec.

Ce projet annuel s’inscrit dans une démarche de recherche engagée depuis plusieurs années sur le thème de l’histoire des concepts « culture » et « civilisation » en Asie et leurs rôles dans la redéfinition du confucianisme depuis le XIXe siècle. À travers l’analyse de discours confucéens en langues occidentales et plus particulièrement la manière par laquelle ils articulèrent le confucianisme avec les concepts ci-mentionnés, Joseph Ciaudo cherche à dépasser la dichotomie « religion versus philosophie » dans laquelle le confucianisme a longtemps été enfermé.