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Colloque pluridisciplinaire de jeunes chercheurs sur les rapports entre nature et religion dans l’histoire et aujourd’hui

 

2 et 3 février 2012 – Paris

Réchauffement climatique, développement durable, bioéthique, agriculture biologique, tourisme vert, recherche d’un bien-être “naturel” : la nature, sous ses multiples déclinaisons modernes, occupe, dans nos préoccupations quotidiennes, une place sans cesse croissante. D’un point de vue socio-historique, il est intéressant de constater que ce retour vers une nature qui s’impose à l’homme coïncide avec une désaffection des sociétés occidentales pour les religions instituées. Parmi les diverses interprétations du phénomène de sécularisation, une majorité d’auteurs discerne les prémices d’un réinvestissement du religieux par de nouveaux mouvements, qui, loin de faire disparaître la religion, perpétue sa tradition en l’appliquant à de nouvelles croyances, écologiques notamment. Au-delà du débat autour de l’effectivité de ce transfert, il s’agit d’éclairer la relation fondamentale, complexe qui lie religion et nature en montrant comment le concept de nature a été historiquement construit, pour une large part, par les traditions religieuses, mais aussi, réciproquement, en recherchant les raisons qui expliquent la présence de nombreuses marques de religiosité accompagnant le déploiement du discours autour de la nature. Avant de s’interroger sur les enjeux contemporains d’un double retour à la nature et au religieux, il apparaît donc indispensable de revenir sur l’histoire des modalités d’articulation et de recomposition entre nature et religion, et d’inscrire cette étude dans une approche pluridisciplinaire capable d’intégrer les évolutions des sciences naturelles et de les faire dialoguer avec les sciences humaines. À partir de cette démarche scientifique originale, ce colloque se propose donc d’explorer le lien entre nature et religion, afin d’y déceler relations d’interdépendance et perspectives d’autonomisation, continuités et points de rupture. Quatre pistes de réflexion sont proposées pour répondre aux questions soulevées :

La construction religieuse de la nature

A travers des analyses historiques, philosophiques et théologiques, l’objet de cette première session est de comprendre comment les différentes traditions religieuses ont construit un rapport original à la nature et comment elles ont, ce faisant, participé à la construction du concept de nature. Cela permettra de s’interroger en retour sur l’espace occupé par la nature dans les rites et les morales religieuses.

Sciences et désacralisation de la nature

Dans son entreprise de rationalisation du monde, la modernité a tenté de saisir la nature sur des bases expérimentales, bien loin, semble-t-il, des considérations métaphysiques. La nature, dans cette conception scientifique, semble échapper à l’emprise du religieux. La crise écologique joue le rôle de révélateur de la dynamique scientiste et renforce par la même occasion l’enjeu d’une définition rationnelle de la nature. Quelle(s) compréhension(s) nouvelle(s) de la nature autorisent ces nouvelles perspectives ? Déterminer si ces approches remettent en question une vision religieuse de la nature, tel sera l’objet de notre seconde session.

Les religions contre la science ?

La construction de la nature par la science interpelle les religions et leurs conceptions. Comment réagissent-elles ? Quels efforts sont-elles amenées à fournir pour réfuter la définition scientifique de la nature, ou au contraire l’intégrer dans leur matrice de pensée? Du créationnisme à la bioéthique, cette troisième session analysera les évolutions contemporaines des religions face à la question de la nature.

Écologie et religion

En dehors des institutions religieuses, la crise écologique a fait émerger une multitude de groupes de pensées qui critiquent la frontière généralement admise, en Occident, entre nature et culture. Fondées sur une rationalité moderne, les pensées écologistes ne peuvent faire l’économie d’une réflexion sur de nouvelles formes de religiosité. Paradoxe ou nécessité ? Cette dernière session questionnera, à partir de visions sociologiques, politiques et scientifiques, les enjeux contemporains.

 

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