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  • Séminaire GSRL du 17/10/2019 

 

 

 

Thème et orateur(s) : 

 

Notre second séminaire interne organisé au CAMPUS CONDORCET à Aubervilliers s’est déroulé cette fois-ci au rez-de-chaussée du Bâtiment de Recherche Nord dans lequel le GSRL (UMR 8582) est installé au cinquième étage. L’occasion d’annoncer qu’à l’avenir, la plupart de nos séminaires auront lieu dans ce même bâtiment, pour des raisons de commodité évidentes. Après un temps d’échange et le partage de quelques nouvelles, annonçant en particulier la perspective d’un prochain recrutement d’une secrétaire gestionnaire en CDD pour trois mois à partir du 1er novembre 2019, Sébastien Fath, directeur du GSRL, présente et remercie Nathalie Luca, directrice du CESOR, de nous faire l’amitié de présenter son parcours de recherche et les enjeux théoriques et méthodologiques du recours au format vidéo. Cette présentation par N.L est suivie du visionnage du film “Nou Se Wozo”, 2018 (nous sommes des roseaux), réalisé avec Clément Crauste et préparé en collaboration avec Lewis Clormeus (Université d’Etat de Haiti). 

 

 

Résumé : 

 

Nathalie Luca commence par présenter les lignes de force d’un parcours de recherche entre Corée du Sud, dont elle rappelle l’histoire socio-religieuse contemporaine, et Haïti. Elle revendique la construction d’une anthropologie de l’espérance, de l’optimisme, du “Croire en acte”, sur la base d’études de terrain attentives aux “situations de mise en espérance”. En Corée, la mobilisation après la Seconde Guerre Mondiale et la guerre fratricide entre le Sud et le Nord a ouvert les conditions d’un “alignement des désirs”, pour faire sortir la société sud-coréenne du sous-développement au prix d’une mobilisation de toutes et tous. Cette dynamique s’est poursuivie jusqu’à la fin des années 1990, avant que la cohésion collective ne s’effrite sous l’effet de dynamiques internes et de la Crise asiatique. L’approche du terrain haïtien révèle d’autres situations de mise en espérance, dans un contexte très contrasté. Un violent séisme (2010) puis un ouragan dévastateur (2016) ont laissé Haïti exhangue, dans un contexte où les ONGs cantonnent les Haïtiens à une “assignation négative” (statut de victime) et où la corruption, endémique, mine les efforts des populations pour reconstruire et développer le pays. On est loin de “l’alignement des désirs” qui porta la reconstruction de la Corée du Sud dans les années 1950-90. En dépit de quelques difficultés techniques (installation audiovisuelle en rôdage et absence de système d’occultation de la lumière sur les baies vitrées), le film NOU SE WOZO, tourné en une semaine à Haïti, est ensuite visionné et fortement apprécié par l’assistance. Il éclaire des parcours individuels et collectifs de résilience et de solidarité, en Haïti par et pour les Haïtiens. Ces dispositifs, dans lesquels les acteurs religieux jouent un rôle significatif, se déploient à l’écart des scripts imposés par les grandes ONGs ou par l’Etat, entités considérées avec beaucoup de méfiance par la population. Les acteurs locaux témoignent de leur lassitude pour les “dispositifs assujetissants”, mais aussi d’un optimisme qui nourrit l’action collective et solidaire. Dans l’échange qui suit, Nathalie Luca relève qu’en dépit des difficultés gigantesques auxquelles les populations sont confrontées, on repère une “puissance d’un agir ensemble pluriel et constructif” portée notamment par une diversité religieuse qui nourrit le Croire et l’optimisme. La foi, souligne N.L., peut être renforcée par des croyances, mais elle existe indépendamment des convictions religieuses. Et permet au “roseau” haïtien de plier, sans se rompre.

 

 

Mots clefs :

 

#ANTHROPOLOGIE #CARAIBES #CATHOLICISME #CHRISTIANISME #CORRUPTION #EDUCATION #ESPERANCE #HAITI #OPTIMISME #PENTECOTISME #RELIGION #SOCIETECIVILE #VIDEODOCUMENTAIRE