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Séminaire de l’axe « Interactions et créativités religieuses : perspectives anthropologiques » 2018-2019

 

Organisé par Detelina Tocheva et Virginie Vaté

 

Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL UMR 8582 EPHE–CNRS) CNRS Site d’Ivry-sur-Seine 27, rue Paul Bert 94 204 Ivry-sur-Seine Cedex (M° Pierre et Marie Curie)

 

 

Programme 

 

 

Le 11 septembre 2018, 14h-17h, Salle A

 

Marie-Véronique Amella, doctorante à l’EPHE, GSRL « Comment une ritualité contemporaine produit de la créativité coercitive et s’auto-génère. L’exemple sarde de la Nuraxìa »

Résumé Des pratiques rituelles contemporaines dites « New Age » ont émergé en Sardaigne, rassemblées sous le terme générique de Nuraxìa (ou « Science des Nuraghes », en Sarde). Deux associations insulaires organisent régulièrement des rituels collectifs à buts thérapeutiques et « énergétiques » sur de nombreux sites archéologiques de l’île. Si le but avéré de ces rituels est un empowerment de l’individu, chaque témoignage personnel obligatoire apporté par les participants après chaque rituel alimente en retour un mécanisme idéologique plus profond par lequel le phénomène Nuraxìa s’auto- génère d’année en année.

 

Denise Lombardi, docteure associée au GSRL « Le néo-chamanisme en France : la fragmentation temporelle des pratiques non conventionnelles comme alternative à la longitudinalité des psychothérapies traditionnelles »

Résumé Désormais, la médecine conventionnelle n’a plus le monopole sur le domaine du soin. Nous observons pour les maladies somatiques et non-somatiques une concurrence de plus en plus accrue entre les médecins conventionnels et les thérapeutes alternatifs. Ces derniers s’inscrivent à la fois dans des traditions dites populaires et dans des courants relevant des spiritualités contemporaines qui prennent toujours plus d’ampleur dans les sociétés occidentales. L’un des éléments majeurs qui caractérisent les pratiques alternatives est la possibilité d’apprendre des techniques de soins pour soi-même ou pour des autres, comme dans le cas du néo-chamanisme. Ce séminaire sera l’occasion de livrer une première analyse des données issues de mes recherches en Lorraine dans le cadre du projet Altermental. Ce projet vise à comprendre les parcours de soins des patients-usagers dans le domaine de la santé mentale entre dispositifs conventionnels et alternatifs dans la région. En même temps, j’analyserai plus précisément les dispositifs des pratiques néo-chamaniques comme forme de soins non-somatiques qui se développent dans une temporalité restreinte, à la différence des psychothérapies conventionnelles qui se déploient sur une durée plus importante. Nous ne sommes pas face à une coupure nette entre conventionnels et alternatifs, vu que de plus en plus de thérapeutes conventionnels se tournent vers des psychothérapies brèves et que, de l’autre côté, les alternatifs proposent des parcours étalés sur la longue durée.

 

 

Le 14 novembre 2018, 14h – 17h, Salle A

 

Jeanna Kormina, Haut Collège d’Economie, Saint Pétersbourg “Ancestors and the Ghosts: The Soviet Past in Russian Religious Imagination of the Post-Truth Era”

 

Résumé Anthropologists have always been aware of the coexistence of different kinds of truth, such as the truth of the observer and that of the observed. Moreover, the truth from the native’s point of view is far from homogenous; there are often competing positions within it. In my paper, I focus on competing vernacular theories of truth (Mair 2017; see also Roudakova 2017) developed in contemporary Russia. One of them can be called the “technical truth”, or truth through knowledge. Another one can be called the “truth through love”. This latter truth can prevail over the technical truth when it is considered to support the good, in particular the collective good. These different truths compete over the postmortem destiny of the Russian royal family, whose members were canonized as passion-bearers by the Russian Orthodox Church. The authenticity of their remains, the true place of their burial near Yekaterinburg, and the circumstances of their death regularly come under close scrutiny. I focus on a group of local amateur historians and historical reenactment club activists in the city of Yekaterinburg who struggle for their truth about the death of the Russian royal family.

 

 

 

Le 7 décembre 2018, 10h – 13h, Salle de conférence

La séance est organisée conjointement avec le programme « Islam, politiques, sociétés » au sein du GSRL.

Dmitrii Oparin, Université d’Etat Lomonosov, Moscou “Exorcist practices among Central Asian Muslim migrants in Russia”

Résumé This presentation is based on fieldwork carried out in Moscow among Muslim migrants. The research is focused on the practices of ritual healing and expelling jinn in the context of migration and urban environment. I am interested in self-reflection and introspection of all the participants of the treatment – a mulla, his patients, their relatives, and even opponents to these Muslim practices. I am going to show how the Moscow social scene is being transformed by non-official knowledgeable religious leaders frequently invited by the migrants to expel jinn; how these mullas gain authority via carrying out rituals.

 

Marie-Laure Boursin, CHERPA/Idemec, Aix-en-Provence « Adaptation, création ou innovation ? Questionnements autour de pratiques islamiques en contexte français »

Résumé Dans cette intervention il s’agira de partir de cas ethnographiques autour de la prière, de la lecture du Coran et de l’enseignement religieux pour interroger des changements de modes de faire dans les pratiques islamiques en France. Peut-on parler d’adaptation au contexte, à la règle ou de création liturgique ou pédagogique ? Comment le chercheur tente-t-il d’analyser ces transformations en prenant en compte la conceptualisation de certains acteurs et notamment le concept théologique d’innovation (bida’a) et ses qualificatifs entre blâmable (sayyi’a) et louable (hassana) ? Cette communication souhaite en cela aborder la créativité religieuse au prisme de qui la désigne comme telle : les acteurs ou le chercheur.

 

 

 

Le 17 mai 2019 14h – 17h, Salle A

La séance est organisée conjointement avec le groupe des doctorants et celui des docteurs associés au sein du GSRL.

 

Oscar Calavia Saez, EPHE, GSRL « L’Écriture sacrée des peuples sans écriture : l’anthropologue comme agent religieux »

Résumé Dans l’anthropologie religieuse, la règle méthodologique de la « bonne distance » a un effet paradoxal. Elle existe, bien sûr, « pour être brisée », mais aussi pour rendre impensables les effets de cette transgression. L’influence de la religion sur le chercheur reste largement éclipsée malgré des décennies « d’anthropologie réflexive » ; celle que l’anthropologie exerce sur les religions qu’elle étudie reste jusqu’à aujourd’hui comme un champ quasiment vierge —

d’ailleurs très fertile. Ce séminaire vise à aborder ce problème en analysant deux courants nativistes dans le domaine des religions brésiliennes d’origine africaine et autochtone.

 

 

Marc Lebranchu, docteur associé au GSRL

« Le ‘néo-taoïsme’ occidental : un croire New Age globalisé, entre recherche de guérison spirituelle et pratique de développement personnel ? »

Résumé Religion chinoise mal connue le taoïsme s’est peu à peu propagé en Occident notamment depuis les années 1970 avec la diffusion de la médecine chinoise, des arts martiaux et des traductions du Laozi. Pratique traditionnellement communautaire ou érémitique condamnée dès le XVIIIe siècle par les missionnaires chrétiens puis les savants rationalistes et évolutionnistes, il est devenu « tendance » au sein des milieux New Age où il se décline et se combine avec toutes sortes de croyances, techniques psychocorporelles, pratiques de guérison et méthodes de développement personnel. Alors que des maîtres chinois viennent désormais en Occident transmettre leurs savoirs, des Occidentaux s’approprient le Taoïsme, se proclament ou s’autoproclament initiés, voire maître, ou créent leur propre lignage, en particulier aux Etats-Unis. Cette forme de transnationalisation, qui s’intègre dans les jeux du soft power chinois, aboutit à une forme de néo-taoïsme occidental globalisé combinant recherche de sagesse universelle, appel à des figures exotiques et adhésion à des visions cosmologiques et anthropologiques chinoises antiques, s’inscrivant dans une approche sotériologique présentiste et une eschatologie intramondaine soutenues par une vision néo-orientaliste et une épistémologie New Age.