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Le protestantisme et les enjeux de l’intégration à Paris

 

 

Responsable scientifique : Yannick Fer



Ce projet a bénéficié d’un financement de la Mairie de Paris pour la période 2012-2014.

Il avait pour objectif d’analyser, dans un contexte de fortes recompositions du protestantisme en région parisienne, les modalités de gestion de la diversité culturelle et ses enjeux en termes d’intégration au sein du protestantisme parisien. Il s’est inscrit dans une démarche pluridisciplinaire, en associant des historiens, anthropologues et sociologues et en combinant des approches quantitatives et qualitatives. Le travail collectif s’est organisé autour de trois axes thématiques :

 

Un état des lieux de la diversité protestante à Paris au 21ème siècle, qui visait non seulement à recenser les implantations géographiques des églises protestantes dans Paris intra-muros, mais aussi à mettre en évidence les dynamiques de circulation reliant Paris intra-muros et la proche banlieue : des églises parisiennes attirent des fidèles de proche banlieue, et inversement ; par la mise en place de « groupes de maison » (réunissant des fidèles à leur domicile une fois par semaine), de nombreuses églises établissent un maillage du territoire qui dépasse leur territoire d’implantation pour s’étendre à l’ensemble de l’espace parisien et au-delà ; enfin, des communautés protestantes de proche banlieue, issues de l’immigration et sans locaux, sont hébergées dans les bâtiments d’églises anciennes de Paris intra-muros.

 

– Une analyse des modes de représentation et de gestion des différences – culturelles, mais aussi sociales, théologiques et générationnelles – au sein du protestantisme parisien. En élargissant la notion de diversité à ces différentes dimensions qui sont souvent interdépendantes, le programme s’est intéressé aux processus d’inclusion/exclusion des « différences » à l’échelle de l’église locale, de l’espace protestant parisien et des institutions ou réseaux qui fédèrent les acteurs de cet espace.

 

– Un travail d’observation et d’analyse des rapports protestants à l’espace urbain, qui a porté principalement sur trois points : les difficultés à trouver des locaux à Paris intra-muros et en proche banlieue, qui contribuent notamment aux logiques d’emboîtement entre églises accueillies (communautés protestantes issues de l’immigration) et églises hôtes (églises protestantes « installées ») ; le maillage territorial et les circulations qui s’organisent par le biais des « groupes de maison ». Le troisième thème concerne les manifestations du protestantisme dans l’espace public parisien – celles qui ont eu lieu ou au contraire, celles qui n’ont pu avoir lieu faute d’accord des autorités publiques, au cours des deux dernières années. Ces événements ont fait l’objet d’enquêtes de terrain approfondies, associant entretiens et enregistrements vidéo.

 

 

Le programme a donné lieu en mai 2012 à une demi-journée d’étude sur les « rapports de genre et enjeux de pouvoir dans les églises africaines » et il s’est conclu en janvier 2014 par un colloque international intitulé « Diversité et recompositions du protestantisme à Paris », organisé avec le soutien du GSRL, de l’Ecole pratique des hautes études et du CRESPPA (centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, CNRS-Paris 8 et Paris Ouest Nanterre). En 2017, les principaux résultats de ce programme scientifique ont été publiés dans un livre collectif, paru aux éditions Labor et Fides sous la direction de Yannick Fer et Gwendoline Malogne-Fer.